Mon arrière grand-mère de son vivant, écrivait des poèmes pour ses petits enfants,
aujourd'hui je voudrais vous les faire partager.
en voici un très ironique:
SOUVENIR DE VACANCES
Après sur mer, sur terre
je me suis promené
sans que tu saches ma chère
que dans ton sac bien caché
J'y ai été placé
Par qui reste là-bas
maintenant va chercher
le petit bouc de Fouras
Enfoui dans la pochette
près de petits papiers
Je pense à ma chevrette
dans l'océan restée
au lieu d'être mangée
par ceux qu'on dit humains!
Toi aussi tu vas me jeter
à la poubelle demain.
Il y en a encore:
LA ROSE ROUGE
C'était par un temps gris de ce mois de décembre
je songeais au passé, tout me paraissait sombre
Et dans ma solitude ardente et recueillie
j'espérais recevoir une visite amie
je fus alors tirée de cette somnolence
par un coup de sonnette vibrant dans le silence
une visage rayonnant, une voix qui caresse
dissipèrent alors bien vite ma tristesse
C'était une maman qui eut sa part de peine
et malgré les épreuves conserva l'âme humaine
quand il y a longtemps jeune elle se maria
elle eût un fils, Jean, qu'ainsi on prénomme
qu'elle dut faire élever par la vieille grand-mère
pour suivre très loin l'époux sa vaste carrière
l'enfance du petit jean fût plutôt monotone
comme le sont nos pensées pas une journée d'automne
La grand maman bien bonne mais dure campagnarde
forgeait cette âme d'enfant dont elle avait la garde
comme une paysanne jalouse de son bien
ne cédant à personne ce qui lui appartient
Un jour, songeant sans doute à son heure dernière
baissant alors la voix et fermant la paupière
elle fit au petit-fils une recommandantion
dont jamais l'enfant n'oublia la mission
"je veux, lui dit-elle, quand l'heure sera venue
te voir là-haut au ciel ou de la nue
venir sur ma tombe déoser une rose
rouge de préférence à toutes les autres roses"
Grand mère ce qu je sais et que chez vous j'ai vu
c'est notre petit jean qu'alors j'ai connu
qui venant de loin pour rendre un pieux hommage
des larmes dans les yeux, incrustait votre visage
en son coeur malheureux de vous voir partir
dans un monde meilleur pour ne plus revenir
ces larmes, bonne grand-mère, sont de belles roses rouges
Elles sont comme des baisers qui sortaient de sa bouche
et toujours, votre jean, pour vous conservera
une reconnaissance que rien n'affaiblira.
Ecrit en 1901 sur la demande de Mme Bonneau
pour son fils Jean en Algérie.
C'est beau non?